RETOUR


Santé. Cinq questions sur les allergies aux pollens

par webmaster le 17-04-2018

Cinq questions sur les allergies aux pollens

Cette semaine une grande partie de la France est classée en alerte rouge pour les allergies respiratoires. Comment expliquer ce pic au printemps et mesurer le risque ?

LE MONDE |

• Mis à jour le| Par

1. Un Français sur cinq souffre d’allergies respiratoires

Selon le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), 20 % de la population est atteinte, à des degrés divers, par des problèmes d’allergie respiratoire. Une allergie est une réponse immunologique inadaptée et exagérée du corps à des substances étrangères. Ses symptômes sont variés : rhinite allergique (nez bouché, éternuements), conjonctivite allergique (yeux rouges et irrités), asthmes du fait des pollens, et, plus rarement et plus gravement, œdèmes et urticaire cutanée.

L’allergie se déclenche selon des éléments là encore assez divers : acariens, moisissures, poils d’animaux, composés organiques volatils, et surtout pollens. Ce sont ces derniers, qui se diffusent par voie aérienne, qui sont particulièrement suivis par le RNSA.

2. Des « saisons polliniques » qui s’allongent

Au début de l’année, pendant ce qu’on appelle les « saisons polliniques », les arbres et les fleurs sont pollinisés :

  • les arbres de février à avril dans le Nord, et de décembre à juin dans le Sud ;
  • les graminées, de mai à août dans toute la France ;
  • les herbacées, de juillet à septembre, voire octobre ;
  • les spores de moisissures, de juin à octobre, voire novembre.

Depuis une décennie, une conjonction de facteurs (pollution de l’air, plantations en masse de certaines variétés comme l’olivier dans le Sud) contribue à l’allongement des saisons polliniques, et donc aux périodes à risque pour les personnes allergiques.

Tous les pollens ne sont pas aussi allergisants. Par exemple, ceux des cyprès le sont plus que ceux des ormes. Ce graphique présente les espèces par niveau de risque allergique, du plus élevé, en haut, au plus faible, en bas.

AmbroisieArmoiseAulneBouleauCharmeChâtaignierChêneChenopodeCyprèsFrêneGraminéesHêtreMûrierNoisetierOlivierOrmeOrtieOseillePariétairePeuplierPinPlantainPlataneSauleTilleularbreherbacée

3. Une concentration importante dans l’air

Cette semaine, ce sont les pollens de bouleau et de platane qui sont responsables du pic allergique qui touche la population d’une grande partie de la France, comme le montre la carte de vigilance des pollens, valable jusqu’au 20 avril :

image: http://img.lemde.fr/2018/04/17/0/0/579/646/534/0/60/0/4b9915e_26544-12pjpbd.0rcb.JPG

Carte de vigilance des pollens établie par le RNSA, valable jusqu’au 20 avril.

Pour calculer ce risque, le RNSA dispose de soixante-dix capteurs, installés dans les grandes villes françaises, généralement sur des toits, explique Charlotte Sindt, directrice du réseau. « Nous mesurons la concentration des pollens et des spores de moisissures dans l’air. » Cette échelle permet d’établir une carte des risques.

Selon Mme Sindt, le RNSA constate, depuis une décennie, « un allongement de la saison de pollinisation dans l’air pour certaines espèces, sans doute du fait du changement climatique ». Autre constat, le rôle joué par la pollution aérienne, qui « sensibilise » encore plus les personnes allergiques, et « joue sur les pollens, qui sont détériorés par la pollution et libèrent plus d’allergènes ».

4. Comment être informé ?

Sur son site, le RNSA propose des lectures détaillées des données, notamment par ville, mais aussi des prévisions de pollinisation à trois jours pour les principaux allergènes (bouleau, aulne, cyprès, graminées, selon la saison).

Les Parisiens pourront également se référer au bulletin allergo-pollinique émis par Airparif à partir des données d’un capteur de l’Institut Pasteur. Autre ressource : une carte anamorphosée (la taille des zones grandit selon l’échelle de risque) proposée par OpenHealth.fr.

5. Quels conseils pour les personnes allergiques ?

La période est donc difficile pour les personnes allergiques. Le RNSA diffuse cependant plusieurs recommandations :

  • aérer sa maison tôt le matin ou tard le soir, car les pollens bougent avec les mouvements d’air chaud, plus fréquents en journée ;
  • éviter de faire sécher draps et vêtements à l’extérieur ;
  • se changer complètement quand on rentre à la maison, se brosser les cheveux, voire se laver les cheveux le soir.

Autres conseils classiques : éviter le sport à l’extérieur ; porter des lunettes de soleil ; dans votre véhicule, rouler vitres fermées ; jardiner avec des lunettes, voire un masque, et même, éviter de tondre le gazon dans les périodes où la concentration en pollens est la plus forte.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/04/17/cinq-questions-sur-les-allergies-aux-pollens_5286575_4355770.html#syo8tEXdASPddp3e.99