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Parcoursup : 5 conseils donnés par un professeur principal

par webmaster le 23-01-2019

Parcoursup : 5 conseils clés donnés par un professeur principal

21 janvier 2019 - Le Monde

S’il y a cette année quelques nouveautés, les professeurs principaux sont plus à l’aise avec Parcoursup, que l’an dernier. En 2018, les professeurs n’avaient qu’ une petite longueur d’avance sur les élèves. Avec le recul, on peut penser qu’on leur a parfois transmis nos inquiétudes, nos incertitudes. Cette année, le professeur principal ne prétend pas maîtriser parfaitement l’ensemble du dispositif, toutes ses subtilités, mais il se sent mieux armé pour transmettre plus sereinement les principales informations. Beaucoup de professeurs principaux, à leur manière, insisteront sur les conseils suivants:

Mettre à profit les semaines qui arrivent,  pour bonifier les « fiches dites avenir »

On sait que la procédure commence le 22 Janvier et les élèves pourront formuler leurs voeux jusqu’au 14 Mars; ils ont ensuite jusqu’au 3 Avril, pour finaliser leurs requêtes (compléter les dossiers, peaufiner leurs motivations). On trouvera ici, le calendrier complet. Le conseil de classe du deuxième trimestre examinera les « fiches avenir » (voir ici). Le conseil de classe devra se prononcer sur la cohérence des voeux du lycéen, compte-tenu de son parcours et de ses résultats. L’an dernier, face à la nouveauté de la procédure, il a pu être tentant pour les professeurs d’émettre des avis un peu généreux (ce n’est pas vrai pour tous les établissements), de peur de pénaliser les élèves. L’expérience, le besoin de confiance entre professeurs du supérieur et du secondaire conduiront sûrement les conseils de classe à émettre des avis les plus objectifs possible. Un élève dont les résultats sont un peu justes aura peut-être du mal à redresser ses moyennes, mais il faut au moins qu’il montre sa détermination et beaucoup plus d’activité (positive) en classe. Ainsi, il se peut que le commentaire du président du conseil, en accord avec les professeurs souligne l’émergence d’une dynamique, pas encore très perceptible dans les moyennes.

Intensifier les recherches personnelles

Puisque le gouvernement a fait le choix de confier beaucoup plus de responsabilités aux professeurs en matière d’orientation, les élèves et leurs familles doivent savoir que les infos qu’ils recevront ne seront pas au total, de meilleure qualité que lorsqu’on peut davantage s’appuyer sur des conseillers d’orientation, dont c’est le métier (devenus psy-EN par la grâce d’un décret).  Comme hier et encore plus demain, les familles doivent prendre en charge une bonne partie de la recherche d’infos et de la stratégie d’orientation auxquelles bien sûr les professeurs contribueront dans la mesure de leurs moyens.

Parcoursup offre de belles possibilités, tout comme le site de l’Onisep, ici à destination des parents. Les établissements et le ministère fournissent aussi des infos que les professeurs diffusent à leur tour. Il ne faut pas hésiter, surtout quand on songe à intégrer des écoles payantes  à poser des questions (lors d’un forum ou de journées portes ouvertes) qu’on croit gênantes. Non, il faut savoir outre le prix, si le diplôme délivré est reconnu par l’Etat, par les secteurs professionnels. Il faut aussi s’informer sur les stages en entreprises et bien sûr sur l’accession à l’emploi

Se motiver à peaufiner son « projet motivé »

On sait que tous les projets rédigés par les élèves ne seront pas lus, soit parce que la décision d’accepter ou pas une candidature se prend sur d’autres critères (dont les notes ou l’origine géographique), mais dans les cas tangents, ce projet est examiné. L’élève doit l’adapter à la formation à laquelle il candidate. On ne fait pas le même pour un BTS comptabilité, des études de langues ou Staps. Il faut montrer qu’intégrer cette formation relève d’un véritable désir, voire d’une stratégie ancienne (par exemple pour Staps: licencié en club, encadrement de jeunes etc. ) et pourquoi on veut aller plutôt à Limoges qu’à Bayonne.

Les lecteurs de ces projets ne sont pas dupes. ils savent qu’un élève peut recevoir des aides, mais s’il ne faut pas hésiter à les faire lire par le professeur principal, il faut y mettre sa personnalité, son originalité, une certaine spontanéité et pas se contenter de cocher toutes les cases que des conseils impersonnels donnent.

Concilier ambition et protection. L’avantage de Parcoursup, contrairement au système précédant (APB), c’est qu’on ne classe pas les Voeux. On peut en formuler 10 + 20 sous voeux. Ils seront tous examinés, il ne faut donc pas hésiter à les diversifier et à ne pas s’interdire de tenter des Voeux, dans des voies sélectives. Il sera toujours temps d’adapter sa stratégie, quand les premiers résultats tomberont, mais rappelons qu’après le 14 mars, un lycéen ne pourra plus en ajouter.

De l’ambition, oui, mais il faut garder les pieds sur terre. Parcoursup n’impose pas de choisir au moins une formation non sélective, ni en tension. La raison invite cependant à sauvegarder ses arrières, en faisant un vœu dans une voie non sélective.

Le bac n’est pas une option, il faut le décrocher

Les persifleurs se basant sur des taux de réussite très élevés veulent penser que c’est une formalité. Même avec des taux élevés et donc un faible taux d’échec, on parle de plusieurs dizaines de milliers de lycéens qui échouent à l’examen. Il ne faut pas, qu’obnubilés par Parcoursup, ils oublient de le préparer correctement. Et puis, ceux qui se dirigent vers un succès annoncé doivent savoir que la couleur de leur mention dépendra aussi des efforts de la dernière partie de l’année.

En prime, on déconseillera le calcul très hasardeux suivant: Puisque je ne suis pas sûr d’avoir la formation qui me fait envie, je finis de me saborder cette année, je redouble et je me mettrai au travail en septembre 2019. Rien n’assure que les résultats seront plus convaincants, l’an prochain. Les élèves qui sont tentés par cette éventualité sont sûrement des élèves à la peine. Arrêter de travailler si tôt, compromet les résultats de l’année suivante. Qu’ils fassent les efforts, pour essayer de s’assurer le bac et s’ils échouent, ils augmentent les chances d’aborder bien mieux leur redoublement. S’ils arrachent leur bac cette année, peut-être iront-ils vers une formation plus adaptée à leur potentiel et pourquoi pas, s’ils tiennent vraiment à la voie sélective espérée, redoubler en ayant eu son bac? Ce n’est pas complètement impossible, mais il faut commencer à se renseigner auprès de son établissement et du rectorat.