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La biodiversité continue de s'appauvrir en France

par webmaster le 09-01-2019

La biodiversité continue de s’appauvrir en France

Plus d’un quart des espèces présentes sur le territoire métropolitain et ultramarin sont menacées de disparition.

Par Pierre Le Hir – Le Monde

Le vison d’Europe, le lynx boréal, le bouquetin ibérique, le mouflon d’Arménie, la grande noctule (chauve-souris), le cachalot, le globicéphale noir, la bécassine des marais, le bruant ortolan, la pie-grièche à poitrine rose, le gypaète barbu, la grenouille des champs, la tortue d’Hermann… Ce sont quelques exemples, parmi beaucoup d’autres, d’animaux menacés de disparition en France. Au total, plus d’un quart (26 %) des espèces évaluées risquent d’être purement et simplement rayées de la carte, notamment dans les outre-mer.

C’est le tragique constat dressé par l’édition 2018 des « chiffres-clés de la biodiversité » que viennent de publier le Commissariat général au développement durable, l’Agence française pour la biodiversité et l’Observatoire national de la biodiversité.

Le tableau, qui réunit une trentaine d’indicateurs de l’état de la vie sauvage et des écosystèmes, n’est malheureusement pas neuf. Mais les données actualisées qu’il fournit montrent que la situation d’ensemble, loin de s’améliorer, se dégrade au contraire.

Avec ses territoires ultramarins et ses près de 11 millions de kilomètres carrés d’espace océanique placés sous sa juridiction, la France abrite environ 10 % de la biodiversité de la planète. Elle recèle en particulier plus de 19 000 espèces endémiques (que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde), dont 80 % outre-mer.

Péril plus élevé dans les outre-mer

Et, si l’on cherche une lueur d’espoir, on retiendra, que chaque jour, deux espèces nouvelles sont découvertes par les naturalistes, des insectes pour un plus de la moitié d’entre eux, et dans les régions ultramarines neuf fois sur dix.

Mais la France figure aussi parmi les dix pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées au niveau mondial. Le péril est plus élevé dans les outre-mer (40 % des espèces en danger d’extinction) qu’en métropole (22 %), mais, y compris dans l’Hexagone, le risque s’est accru de 15 %, entre les années 2008-2009 et 2015-2017, pour les quatre groupes majeurs des mammifères, des oiseaux nicheurs, des reptiles et des amphibiens.

Les listes rouges des espèces menacées publiées périodiquement par l’Union internationale pour la conservation de la nature et le Museum national d’histoire naturelle montrent ainsi qu’un tiers des espèces de mammifères, terrestres ou marins, est aujourd’hui menacé ou quasi menacé d’extinction en France métropolitaine, contre un quart en 2009. C’est le cas du putois d’Europe, du Desman des Pyrénées (mammifère semi-aquatique), de la crocidure leucode (musaraigne), ou du phoque veau marin.