RETOUR


Les effectifs étudiants pourraient croitre 65 000, rentrée ....

par webmaster le 05-05-2018

Les effectifs étudiants pourraient croître de 65 000 à la prochaine rentrée

Selon une note du ministère, les moyens annoncés jusqu’ici par le gouvernement ne suffiraient pas à financer le nombre de places nécessaires pour faire face aux effets du boom démographique de l’an 2000.

LE MONDE | 02.05.2018 à 17h48 • Mis à jour le 03.05.2018 à 11h11 | Par Adrien de Tricornot

Le nombre d’étudiants pourrait augmenter au total de 65 000 à la prochaine rentrée, les effectifs croissant notamment à l’université, prévoit une note d’information du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Mesri) rendue publique lundi 30 avril. Ainsi, précise-t-elle : « Une hausse substantielle des nouveaux inscrits dans l’enseignement supérieur est attendue en 2018 afin d’absorber le boom démographique intervenu en l’an 2000. »

Cette hausse concernerait notamment l’enseignement supérieur public : 28 300 étudiants supplémentaires s’inscriraient pour la première fois à l’université (15 000, soit + 5,5 %), en IUT (3 600, soit + 6,9 ), en classe préparatoire aux grandes écoles (2 800 ou + 6,6 %) ou en section de technicien supérieur (6 800, soit + 5,3 %). Cette progression, qui sera « conjuguée aux effets cumulés des augmentations d’entrée dans l’enseignement supérieur les années précédentes, se traduira par une progression substantielle du nombre total des inscriptions dans l’enseignement supérieur », prévoit le Mesri.

En raison de la poursuite des études, le nombre d’inscrits à l’université progresserait ainsi de 34 000 l’an prochain, soit deux fois plus que les deux dernières années. « En particulier, les effectifs en licence devraient augmenter de 25 200 étudiants (+ 3,0 %), ceux en master de 10 100 (+ 1,7 %), tandis que ceux en doctorat diminueraient d’environ 1 000 (– 2,2 %) », Précise-t-elle.

Lire aussi :   Parcoursup : 810 000 candidats ont validé des vœux d’études supérieures pour la rentrée 2018

En cinq ans : + 225 000 étudiants

Mais pour que ces prévisions se réalisent, les capacités d’accueil doivent encore s’ajuster. En cinq ans, l’effectif étudiant s’est déjà accru de plus de 225 000 personnes, dont 160 000 à l’université. Et l’étude laisse donc entrevoir des difficultés pour accueillir les candidats lors de la rentrée 2018. « Sur la base des vœux des candidats, nous accompagnerons les établissements pour créer des places », a promis le premier ministre, Edouard Philippe, mercredi 25 avril, en citant les filières de BTS et de DUT et les licences universitaires.

S’il a évoqué « des moyens supplémentaires », leur montant ne sera arrêté qu’à la fin du mois de juin. Or les moyens dégagés à l’heure actuelle comme la prolongation de l’incertitude autour de ces derniers pourraient empêcher l’ajustement du nombre de places au choc démographique.

L’étude examine en effet deux scénarios alternatifs pouvant empêcher ses prévisions de se réaliser. Elle présente notamment un « scénario C », appelé « annoncé », car « en cohérence avec les annonces d’ouverture de places supplémentaires en prévision des prochaines rentrées chargées ». Il « correspond à un ajustement effectif dès 2018 sur les capacités à l’université mais plus étalé pour les filières sélectives », explique la note.

Dans cette hypothèse, la hausse des effectifs en section de technicien supérieur (STS) se limiterait à 2 200 places supplémentaires au lieu des 6 800 nécessaires à la prochaine rentrée, tandis que seulement la moitié des 3 600 nouvelles places attendues en IUT seraient créées, et 1 500 (au lieu de 2 700) en classes préparatoires.

Lire aussi :   160 000 étudiants supplémentaires à l’université en cinq ans

Trois millions d’étudiants prévus en 2026

Pour ces filières, le « scénario B », dit « contraint ,» examiné par l’étude aurait des effets aussi malthusiens, voire plus en ce qui concerne les BTS. Mais il toucherait aussi fortement les universités, qui compteraient seulement 10 000 nouveaux inscrits à la prochaine rentrée, au lieu de 15 000.

Le scénario B émet l’hypothèse « que les capacités d’accueil sont accrues mais ne parviennent pas immédiatement à absorber les nouveaux entrants, parce qu’en dépit des financements obtenus par les établissements, les moyens humains d’enseignement nécessaires ne parviennent pas, d’emblée, à être rassemblés ». Ce scénario, précise la note, pourrait aussi refléter « des anticipations des futurs bacheliers sur des capacités d’accueil contraintes », ou résulter « d’une évolution des comportements et des préférences des bacheliers liée au nouveau contexte de Parcoursup [la nouvelle procédure, diffusion systématique des informations statistiques sur la réussite dans les filières] ».

A l’horizon 2020, l’étude estime néanmoins que ces problèmes devraient s’estomper, car la croissance démographique se réduira dans les prochaines années, et se stabilisera presque en 2021 et 2022. Il serait néanmoins illusoire d’attendre un reflux : si le nombre de places est suffisant, la France devrait compter près de 3 millions d’étudiants en 2026 (2,937) selon les projections de l’étude, soit 327 000 de plus qu’en 2016.

Lire aussi :   Enseignement supérieur : 350 000 étudiants de plus d’ici à 2025


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/05/02/les-effectifs-etudiants-pourraient-croitre-de-65-000-a-la-prochaine-rentree_5293491_4401467.html#tCvbF0Zxc9j1trda.99